Henri Heine

1797-1856

Francis Lang, Edmond Vermeil et Joseph Dresch
Préface de Julien Cain

Henri Heine a passé vingt-cinq années de sa vie à Paris, de 1831 à 1856. Il y vint avec le désir d'être l'intermédiaire entre les pensées de deux grands peuples. Tout justifiait en lui cette noble ambition. Dès son enfance il s'était enthousiasmé pour le génie de Napoléon, pour la nation qui avait proclamé les Droits de l'Homme. La Révolution de 1830 lui faisait espérer les plus belles réalisations dans le domaine politique et social. Il tenait Paris pour la capitale du monde civilisé, belle ville enchanteresse, où, suivant la parole de Mme de Staël, on peut se passer de bonheur.
Lorsqu'il arrive à Paris, en mai 1831, Heine est précédé d'une brillante réputation de poète et de chroniqueur, que lui avaient assurée ses Lieder et ses Tableaux de voyage. L'accueil qu'il reçoit répond à ses espérances. Tous les salons s'ouvrent à lui. Il entre en relations avec les plus grands écrivains et les artistes les plus renommés. « Il est des nôtres autant que le spirituel Grimm l'a jamais été » écrivait de lui Sainte-Beuve en 1833. Les circonstances semblent le favoriser. En rapport, en Allemagne, avec l'éditeur Campe de Hambourg, avec l'éditeur Cotta de Stuttgart, il envoie à la Gazette d'Augsbourg des articles sur la politique de Louis-Philippe et de ses ministres ; les grandes revues parisiennes nouvellement créées, la Revue des Deux Mondes, l'Europe littéraire, la Revue de Paris donnent des traductions de ses œuvres en vers et en prose ; l'éditeur des Romantiques, Renduel, publie en français ses articles sur la littérature, la philosophie et la religion allemandes.
Il s'exprime dans tous ces écrits avec une particulière clarté de vues sur le passé et avec une surprenante perception de l'avenir. Ce qu'il écrit sur l'École romantique allemande est un brillant tableau de son ensemble et de ses principaux représentants ; l'esquisse qu'il donne de l'Allemagne depuis Luther est une belle étude synthétique, elle a particulièrement retenu l'attention depuis que l’on s'est aperçu en France des avertissements prophétiques qu'elle contenait. Ses articles sur la France et la Scène française forment une galerie d'excellents portraits politiques et littéraires. On vit en les lisant dans la brillante société de la Monarchie de Juillet. Mais la franchise de son langage, son esprit si vanté, son ironie, lui ont souvent nui en France autant qu'en Allemagne.

Cet ouvrage a été publié à l'occasion de l'exposition « Henri Heine (1797-1856) » présentée par la Bibliothèque Nationale à l'occasion du centenaire de son décès et présentée dans le Vestibule d'honneur du site Richelieu, du 31 mai au 30 juin 1957.

Informations pratiques

Description
Broché, 73 pages
Date de parution
1957
ISBN/EAN
Editeurs
  • Bibliothèque nationale de France
Distributeur
Bibliothèque nationale de France
Disponibilité
Indisponible

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Catalogue d'exposition