L'escrime, la danse et l'art de la guerre
Le livre et la représentation du mouvement
Sydney Anglo
Présentation
Mise en œuvre des l’Antiquité, la représentation du mouvement, essentielle à l’art de la guerre, est longtemps restée une simple juxtaposition de dessins montrant le mouvement à chaque étape de son déploiement. Les combats sont représentés sous forme de schémas, comme en témoigne la traduction du grec des traités militaires d’Elien le Tacticien par Eucharius Silber en 1487.
La publication de l’Arte della guerra de Nicolas Machiavel en 1521, puis celle de l’ouvrage sur l’exercice militaire romain de Johann Jacobi-Tautphoeus von Wallhausen contribuent à populariser cet usage. À partir de la Renaissance, les arts de la guerre, de l’escrime et de la danse sont retranscrits avec soin, et une grande attention accordée aux gestes, au rythme et à la synchronisation.
La transcription du mouvement se heurte cependant à une tension irréconciliable entre illustration descriptive et synthèse schématique. C’est Camillo Agrippa, mathématicien, architecte et ingénieur, qui révolutionne la notation du mouvement en 1553. Les maîtres d’escrime recherchent dès lors un système aussi efficace que l’écriture musicale. Le traité d’escrime de Girard Thibault, L’Académie de l’espée (1630) porte l’exercice à son plus haut degré de complexité. Un manuscrit du début du XVIIe siècle prouve que les maîtres de danse avaient eux aussi trouvé une manière de représenter le mouvement. Mais il faut attendre les travaux de Raoul Auger Feuillet à la fin du XVIIe siècle pour que ces notations soient systématisées et publiées.

L'auteur
Né en 1934, Sydney Anglo fait son doctorat à l'institut Warburg,
sous la direction de Frances Yates. Historien des idées et personnalité
de la radio, il est aujourd'hui professeur émérite de l'Université
du Pays de Galles, membre de la Society of Antiquaries, de la
Learned Society of Wales et de la British Academy.
Les conférences Léopold Delisle
Elles offrent à un public de curieux et d’amateurs éclairés
des synthèses inédites, érudites et à jour
sur le thème du livre et des manuscrits. Le cycle des conférences
Léopold Delisle est organisé par la Bibliothèque
nationale de France avec le soutien d’Henri Schiller, collectionneur,
bibliophile.
Déjà parus
Marie-Pierre Laffitte, Reliures royales du département
des Manuscrits (1515-1559), 2001.
Monique Pelletier, Cartographie de la
France et du monde, de la Renaissance au siècle des Lumières,
2001.
Jean Irigoin, Le Livre grec des origines à la Renaissance,
2001. Jean-Marc Chatelain, La Bibliothèque de l’honnête
homme, 2003. Francis Richard, Le Livre persan, 2003.
Christopher de
Hamel, Les Rothschild, collectionneurs de manuscrits, 2004.
François
Déroche, Le Livre manuscrit arabe. Préludes à une
histoire, 2005.
Jean-François Gilmont, Le Livre réformé au
XVIe siècle, 2006. Catherine Massip, Le
Livre de musique,
2008.
M. Pinault Sørensen, Le Livre de botanique. XVIIe et XVIIIe siècle,
2009.
B. Laurioux, Écrits et images de la gastronomie médiévale, 2010.